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Conférence de Michaël Iancu« LIEUX DE MEMOIRE JUIFS DU MIDI : UN GLORIEUX PASSE IMMEMORIAL REDECOUVERT »

Cette conférence est la septième d’un cycle consacré à la présentation des principales conclusions de la nouvelle Histoire de Montpellier, publiée chez Privat, en janvier 2016, et aux lieux de mémoire du Midi, faisant écho au livre paru en 2016 aux Indes savantes Ombres et lumières du Grand Sud : les Lieux de mémoire du Midi.

 Dans le Midi de la France, une présence juive exceptionnelle, remontant aux premiers siècles de l’ère chrétienne, autorise la recension de vestiges archéologiques : lampe d’Orgon (1er siècle), pierre  de Narbonne (VIIe siècle), ou pierre votive de Béziers (1209, rappel des meurtres subis par les juifs lors de la Croisade des Albigeois).

Les collectivités juives ont constitué en Languedoc un foyer de culture exceptionnel aux XIIe-XIIIe s.

D’abord traditionnelles, adonnées aux études bibliques et talmudiques, ces communautés s’ouvrirent aux sciences « profanes » suite à l’arrivée de coreligionnaires andalous fuyant les Almohades, et trouvant tant à Lunel qu’à Narbonne des lettrés locaux capables d’apprécier une culture différente, nourrie de sciences arabes. Il se forgea dans ce Midi réceptif, une Ecole de traduction de l’arabe vers l’hébreu, de la production exégétique, poétique, et aussi bien philosophique, scientifique, médicale issue des terres ibériques.

Stimulés par les élites locales, ces juifs exilés multilinguistiques se firent « passeurs » de culture : leur rôle fut déterminant dans le développement de la pensée scientifique en Europe. Il se produisit des transferts culturels sans précédents.

De ce passé glorieux, que reste-t-il aujourd’hui ?

Le paradoxe est que les Juifs du Languedoc, bannis et spoliés très tôt en 1306  par Philippe le Bel qui mit un terme brutal à l’existence de noyaux juifs prospères, ont laissé des vestiges tangibles : un Mikvédu XIIe siècle dans le Montpellier historique, providentiellement conservé ; et le fameux rituel liturgique hébraïque médiéval de la collectivité, conservé aux Archives municipales, dit « Mahzor de Montpellier » vestige livresque acquis par la Ville en 2008, un manuscrit datant de son exil (fin XIVe) dans le Comtat Venaissin ; seul rituel connu préservant le rite juif médiéval de la « Ville du Mont » .

 Docteur en histoire, Michaël IANCU est directeur de l’Institut Universitaire Maïmonide-Averroès-Thomas d’Aquin et délégué régional du Comité Français pour Yad Vashem. Il est Maître de conférences à la Faculté d’Etudes Européennes de l’Université Babes – Bolyai de Cluj-Napoca en Roumanie de 2006 à 2012, chercheur associé au C.R.I.S.E.S. de l’Université Paul Valéry Montpellier 3.

Localisation : Médiathèque Emile Zola
Catégorie : Rencontre

Conditions : 18h30 – Grand auditorium
Public : Tout public
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