Menu

Rouquette bandeau 3.jpg

Bestiaire

 

Contenu

  

 

Vert paradis camberoque ©.jpg

 Bestiari II couverture©.jpgAu-delà des familiarités que lui a procurées une existence d’abord campagnarde, dans un petit village des garrigues languedociennes, cette présence est bien vite devenue pour lui motif d’écriture et de rêverie. Dans les proses de Vert Paradis, le grand œuvre de Rouquette commencé dès le milieu des années trente de ce siècle et toujours en chemin aujourd’hui, les bêtes et les hommes cohabitent, et les unes autant que les autres, qu’ils se fréquentent ou s’ignorent, participent au chœur innombrable de la vie universelle.

Philippe Gardy, « Le miroir des bêtes », dans  M. Rouquette, Bestiari, Atlantica et Institut Occitan, Biarritz-Pau, 2000, pp. 87-88.

 

 

 

 

 Pourquoi un bestiaire ?

 bestiaire ms 3.jpg

bestiaire photo R avec chien.jpgNé dans un village de la garrigue boisée, je passais une grande partie de mon enfance et même de ma jeunesse, dans la pratique et la connaissance des bêtes. J’en eus, très tôt, pour elles, un sentiment fraternel, de l’attachement, et leur usage, quand c’était possible. Avec bientôt, une grande et chaude amitié, liée à l’obscure pensée, même si ce n’était pas évident au début, d’une matière commune, et d’un même destin.

Max Rouquette, Bestiari, Atlantica et Institut Occitan, Biarritz-Pau, 2000,p. 9

 J'aime les bêtes... Toutes. Aussi bien celles qui partagent notre vie que les autres. Celles qui ont accepté, à grands risques, de garder leur liberté. Leur regard, quel qu'en soit le reflet, celui de la peur, celui de la haine, ou celui plus froid et plus distant de la mort, qu'elles sont capables de donner, ces regards me fascinent.

Max Rouquette, Ils sont les bergers des étoiles, Editions du Rocher, Monaco, 2001, p. 204

 

bestiaire intro ms.jpgPendant les nuits d’été, il faut écouter le chant des bêtes, et il faut le comprendre, parce que les bêtes savent beaucoup de choses que leur ont enseignées celles qui sont venues avant elles et qui ont depuis disparues du souvenir des hommes.

La sornette du taon [La sourneta dau taban] (avant 1928), l’un des premiers textes publiés de Max Rouquette, sous le pseudonyme Cantagril (Chantegrillon), lieu-dit de la commune d'Argelliers.

Cet amour des bêtes, dans son ambiguïté, ne me quitta jamais. J’y fus, de bonne heure, encouragé par la découverte, cependant plus tardive, vers la fin de l’adolescence, de cette forme littéraire, secondaire à bien des égards, mais pourtant attachante et féconde, celle des « bestiaires ». Fort ancienne sans doute, car les écrivains de l’Antiquité y sacrifièrent volontiers.

 Max Rouquette, Ils sont les bergers des étoiles, Editions du Rocher, Monaco, 2001, p. 6

Cette idée d’écrire un bestiaire ne m’a jamais quittée. J’ai commencé tôt. Je n’ai pas fini.

Max Rouquette, Bestiari, Atlantica et Institut Occitan, Biarritz-Pau, 2000,p. 10.

 

 

Sources d'inspiration

 

bestiaire ms influence.jpg

La Bible en est un exemple avec la Colombe de Noé, ou mieux encore la huppe, messagère et confidente de la reine de Saba. De façon plus remarquable le bestiaire de Pline l’Ancien, mêlant bêtes réelles et animaux de légende, a donné au genre ses lettres de noblesse.

Max Rouquette, Ils sont les bergers des étoiles, Editions du Rocher, 2001, p. 60

 

 

 

chrestomathie gallica.jpg

 Pour l’honneur de la poésie occitane, l’un des premiers écrits que je connus fut le beau bestiaire du temps des troubadours que le grand romaniste allemand Karl Bartsch publia à la fin du siècle dernier, que je possède encore, à la suite des œuvres de nos grands poètes du douzième siècle dans sa célèbre Chrestomathie.

Max Rouquette, Bestiari, Atlantica et Institut Occitan, Biarritz-Pau, 2000,p. 8.

 

 

 

 

 

 

 Le Poème Romance de la Souris (Bestiaire, voluime 1, p. 78-83) est inspiré d'un apologue de Raymond Lulle, poète, philosophe et théologien catalan du 13e siècle. Il est tiré de son Livre de Bêtes, dans la veine du Roman de Renart.

 raymond lulle couv.jpg

 

 

 

Romance de la Souris

Le bon pélerin rentrant au foyer allait sur la route romaine

Et bonnes étaient les pierres avec les ronces du chemins.le ciel d'été lui faisait fête.

le vent rafraîchissait sa peau.

Levant les yeux pour rendre grâces de tout ce qu'il avait reçu,

il vit un faucon pèlerinet, dans ses serres, la souris.

Et la souris du ciel criait :"Prie pour moi, ô! bon pèlerin! Prie bien vite, je suis perdue,

seul peut me sauver le Bon Dieu!"

 Max Rouquette, Bestiari, Atlantica et Institut Occitan, Biarritz-Pau,, 2000,p. 78

                    

 

Le Livre de bêtes

Après avoir pris congé du philosophe, Félix se

dirigea vers une vallée emplie d'arbres et de sources.

L'ayant franchie, il rencontra deux hommes pauvrement

vêtus, à la barbe et à la chevelure très longues.

Félix les salua et ils firent de même en retour.

"Beaux seigneurs, dit Félix, d'où venez-vous et à quel ordre

appartenez-vous? Car, d'après vos vêtements, il semble

bien que vous apparteniez à un ordre?"

 Raymond Lulle, Le Livre des bêtes, traduit du catalan et présenté par Patrick Gifreu, La Différence, Paris, 1991

 

Apollinaire gallica.jpg

Apollinaire me donna un écho de ce monde d’enchantement du monde, toujours fabuleux au regard d’un enfant ou d’un adolescent, des animaux. Qui sont à mi-chemin de nous-mêmes. Comme un essai de la nature avant d’aller plus avant. Et qui dans leur innocence (même si elle devient cruelle, ce n’est jamais par mauvais vouloir), viennent nous étonner et nous entraînent à songer.

 Max Rouquette, Bestiari, Atlantica et Institut Occitan, Biarritz-Pau, 2000,p. 10.

 

 

 

 

  Frédéric Mistral a célébré la mante religieuse et le grillon dans son recueil Lis Isclo d'Or (Les Iles d'Or) écrit en 1888.

Le poème Lo rese (la tique) de Max Rouquette s'achève sur une citation du poème l'Epouscado (l'Eclaboussure) du deuxième recueil de Lis Isclo d'Or.

bestaiaire ms tique.jpg

La tique

Tique, tique, encore tique,

nous sommes parents, et cousins ;

si l'une goûte à bon sang,

elle informe ses voisins.

"Nous, de la race d'élite,qui, cramponnés

sur la patrie, voyons passer les barbaries

avec les civilisations"

 

 Lo rese

Rese, pat e mai lingasta

siam parents e mai cosins ;

e se l'un, de bon sang tasta,

o fa saupre a sos vesins.

"Siam d'aquela raça de tria

qu'atetonits sus la patria,

vesèm passar li barbario

emai li civilisacioun".