Le road movie
Le road movie est apparu aux Etats-Unis à la fin des années 1960, durant la période de contestation sociale d’une partie de la jeunesse américaine. Il est le fruit d’une idéologie contestataire, celle de la contre culture.
Le road movie (littéralement film de route) exploite le thème traditionnel de la culture américaine : la route. Motif prédominant des westerns, elle servait de fil conducteur au scénario. Parsemée de dangers, elle menait à un monde meilleur.
Mais le genre se différencie de la tradition de la route puisqu’il témoigne de la dérive spirituelle de l’Amérique et de la crise de ses valeurs. Faisant rappeler l’esprit du roman emblématique de Jack Kerouac, Sur la route (1957).
Le voyage intérieur signifié par la route n’amène pas à un dépassement de soi et de sa condition. Il rebondit d’étape en étape pour ne conduire nulle part. Le road movie exprime une quête, un désir d’espace, de découvertes et de rencontres nouvelles. Le récit se cale sur un parcours initiatique.
C’est Easy Rider (Dennis Hopper, 1969) qui après un succès inattendu, lança le genre. Les deux héros motocyclistes, qui rêvent de liberté, errent à travers la pays. Le réalisateur dresse le portrait de deux mondes : celui des hippies composé de marginaux et celui de l’Amérique profonde conformiste. Le road movie le plus remarquable et le plus ignoré est Macadam à deux voies (Monte Hellman, 1971).
Le genre intéressa de nombreux réalisateurs, mais son influence la plus étonnante fut celle exercée sur le cinéaste allemand Wim Wenders.
