Le western spaghetti

 

dollars.jpgAprès avoir touché au film type "blaxploitation" (Jackie Brown), au film de guerre (Inglorious Basterds) ou encore s'être inspiré du film de kung-fu (Kill Bill), le réalisateur Quentin Tarantino se penche sur un nouveau sous-genre du cinéma : le western spaghetti. Pour vous aider à décoder le « Django » que vous verrez bientôt sur grand écran, voici quelques pistes.


Né dans les années 1960 en Italie, les cinéastes italiens commencent à produire des westerns, pour des raisons spéculatives, généralement tournés dans les paysages espagnols ou yougoslaves. Les réalisateurs et comédiens se cachent derrière des pseudonymes anglo-saxons et y engagent quelques vrais acteurs américains, souvent en fin de carrière, afin de crédibiliser la production.


Et ça marche. Le western spaghetti triomphe sur les marchés, allant jusqu'à influencer le style du western américain vieillissant…Des icônes apparaissent comme « Django », « Ringo »… Une quantité industrielle de films de ce genre sera alors tournée. La carrière de nombreux acteurs, américains ou européens (Lee Van Cleef, Eli Wallach, Giuliano Gemma, Franco Nero, Klaus Kinski) en sera relancé. Des metteurs en scène de talent s'y illustrent également comme Sergio Corbucci, Anthony Margheriti.
Mais c’est Sergio Leone qui va donner au genre ses lettres de noblesse en tournant "Pour une poignée de dollars". Le film est un triomphe inattendu et consacre le style, qui sera repris et décliné plus ou moins bien par d’autres : thème musical entêtant, mise en scène pompeuse plein de flashbacks, cadrages originaux voire alambiqués, couleurs flamboyantes et scenarii aigre doux.


On reprend les passages obligés « nobles et propres » (le duel, le saloon, la partie de cartes) mais en les détournant par une violence gratuite, un schématisme des situations, un anti héros crasseux, vénal, ambigu et cynique…Les coups de feu sifflent et résonnent, les corps se démantibulent à l’impact, projetés en arrière dans un fracas de poussière, de douleur  et de sang …la mort n’est pas propre dans ces contrées arides.
La mode va décliner au début des années 1970, victime du peu d'imagination de nombreux tâcherons qui sortent des westerns bâclés et misérables. La mode des westerns comiques, lancée par "On l'appelle Trinita" avec Terence Hill et Bud Spencer, relance commercialement le genre mais lui porte également un coup de grâce artistique. En 1976, le western spaghetti est mort, malgré de nombreuses tentatives pour le ressusciter. La messe sera dite avec Keoma, condensé ultime du western spaghetti… 
 

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