L'héroic Fantasy

 

Les récits d'Heroic Fantasy reproduisent ou imitent les légendes et contes médiévaux qui racontent, le plus souvent l'épopée d'un héros solitaire, généralement un homme doté d'une grande force physique. Il est confronté à de nombreux dangers et va d'aventure en aventure. A ce monde médiéval doit s'ajouter un environnement magique et un bestiaire fantastique. Elfes, trolls, gobelins, licornes, dragons, magiciens cohabitent non sans difficultés. (Méfiez vous, malgré la présence de dragons fourbes, un film comme Le Règne du feu échappe à la définition stricte du genre ; là c’est du Post apocalyptique).

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A la différence des Européens et des Asiatiques (Tsui Hark, Les chroniques de Lodoss, Princesse Mononoke), les Américains n'ont pas connu d'époque médiévale. Leur attachement aux croyances sylvestres, éléments indissociables de l'heroic fantasy, est moins marqué que chez leurs voisins. Pourtant, au début des années 80, quelques cinéastes anglo-saxons mettent leur talent au service de ce genre privilégiant le public adulte. John Boorman réalise le magnifique Excalibur (1981), et Matthew Robbins le méconnu Dragonslayer (1981) estampillé Disney, mais qui offre des vierges à un dragon vengeur. Peter Yates s'empare du gentillet Krull (1983), Ridley Scott tourne l'impressionnant Legend (1986), Richard Donner filme Ladyhawke(1984), Rob Reiner met en scène le comique Princesse Bride (1987).

 

C’est Conan le Barbare (1981) de John Milius qui invente un nouveau genre :l'heroic fantasy d'action. Un mythe est né, tiré d’un Comics et scénarisé par Oliver Stone. Un style musical épique apparait grâce à Basil Poledouris, souvent imité jamais égalé. Par appât du gain, après l'original vinrent les innombrables suites et copies italiennes de qualité plus que médiocres.

 

Les films d’animation destinés à un public plus jeune se pencheront aussi sur la question. Le mythique Seigneur des Anneaux de J.R Tolkien fera ainsi l'objet d'une première adaptation en dessin animé par Ralph Bakshi.On peut citer Taram et le Chaudron Magique, qui fut un échec commercial cuisant. Pas assez fantasy pour les uns, trop pour les autres. Créateur du Muppet Show, Frank Oz se lance à son tour dans l'aventure. Avec son complice Jim Henson, il conçoit Dark Crystal, une oeuvre d'heroic fantasy entièrement réalisée avec des marionnettes. Ils récidiveront avec Labyrinth (1986). Mais c’est L'Histoire sans fin (1985) qui devient un succés mondial et un classique instantané de l'heroic fantasy soft. Egalement culte trois ans plus tard, notons le Willow de Ron Howard (1988). Avec des effets spéciaux novateurs, le film s'impose comme la référence du moment. Mais les coûts effraient les investisseurs et il faudra attendre près d'une décennie et l’usage courant des images de synthèse, pour retrouver des films d'heroic fantasy.

 

Après une longue disette, Coeur de dragon relance la machine en 1996, suivi par John McTiernan qui adapte un roman de Michael Crichton, Le 13ème Guerrier et donne vie à une grande fresque médiévale teintée de magie noire. New Line distribue Donjons et dragons, une adaptation très faible du célèbre jeu de rôle puis, convaincu par un néo-zélandais barbu du nom de Peter Jackson, finance l'adaptation live du Seigneur des Anneaux. Ils acceptent de produire le triptyque qui rend enfin hommage à Tolkien.  

 

Depuis, les bons ou mauvais projets s’enchaînent… La légende de Beowulf de Robert Zemeckis, entièrement numérique qui retrouve le souffle épique d’antan, Chasseurs de dragons, film d’animation français haut en couleurs destiné à un public plus jeune. Les séries télé de qualité exploitent par contre le filon avec talent  (Merlin ; Games of Throne…). Nous passerons sous silence le remake calamiteux de Conan converti en 3D pour attendre avec impatience la suite de The Hobbit de Peter Jackson.

 

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