JACQUES TATI

Qu’on l’associe au facteur lunaire ou au fin chroniqueur de la vie moderne, Jacques Tati, réalisateur et acteur de ses films, incarne une figure familière, alors même qu’elle est profondément singulière.

Homme à part dans le cinéma français, Tati a ouvert un espace unique et inattendu. L’ancien adepte de rugby qu’il était y exerce son art du décalage et de la transmission : ainsi, on observe dans ses films le passage de la campagne à la ville, vers un monde moderne où l’objet est prédominant.

Venu du music-hall, Tati réinvente la transition entre le cirque et le cinéma, travaille un espace sonore peu fréquenté entre le muet et le parlant. Et que dire de la silhouette penchée et du balancement de son personnage sur la pointe des pieds avant la marche ? Dans un monde irrigué de signes (panneaux, flèches de toutes sortes) et au milieu d’une architecture quasi abstraite, le personnage créé par Tati navigue à vue dans une déambulation maladroite, en quête de sens.

 

Depuis le début des années 2000, alors que la majorité des droits de ses films est sur le point de quitter la France, Sophie Tatischeff, Macha Makeïeff, respectivement sa fille et sa nièce, et Jérôme Deschamps créent « Les Films de Mon oncle », et mènent la restauration de Mon Oncle Les Vacances de M. Hulot , Playtime , qu’ils ressortent en salles et/ou en DVD…

Les publications se multiplient et le scénario inédit que confie Sophie Tatischeff à Sylvain Chomet devient en 2010 le film d’animation L’Illusionniste. La transmission se poursuit…
 

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