Lucie Albon
Lucie Albon
Présentation
Rencontre avec Lucie Albon
Pourriez-vous nous parler un peu de vous et nous raconter ce qui vous a donné envie d’écrire ?
Au démarrage, c’est l’impossibilité d’écrire qui, par contournement, m’a fait avancer très vite sur la narration par l’image. Puis petit à petit, certains mots ont prouvé leur implacable efficacité. Je me suis mise à en utiliser de plus en plus et même si je ne sais toujours pas les dompter, je m’en amuse.
Quelle est, selon vous, la particularité d'écrire et d'illustrer pour les tout-petits (0-3 ans) et quelle place accordez-vous à l'adulte (lecteur) dans ce processus de création ?
Dans mon travail, je ne dissocie pas tellement adulte et enfant. J’espère toucher les deux, même si je sais que ce ne sera pas toujours au même endroit. J’ai en tête qu’un album, apprécié par un lecteur et qui le partage à un enfant, communique ses joies et ses surprises au moment de cet échange. Je fais aussi bien attention à ce que le livre puisse être accessible par l’enfant qui le parcourt seul.
L’édition 2027 de Festi’Petits s’intitule « Pour de rire ! ». Quels sont, selon vous, les ingrédients qui font rire les tout-petits ?
Les enfants rient parfois à des endroits où on ne s’y attend pas. Un ami m’a envoyé une petite vidéo de son fils qui rit sur un passage où un de mes personnages marche sur un oursin et dit « Aïe, ouille, aïe ». L’enfant redemandait systématiquement la lecture de ce livre tous les soirs et rigolait toujours beaucoup à cet endroit-là. Je pense que le jeu d’acteur du lecteur y est pour beaucoup dans ce fou rire. Mais j’imagine aussi que c’était un peu un rire de décharge émotionnelle.
Il y a mille façons de rire !
La surprise, le dépassement d’un interdit, le comique de répétition, la situation burlesque… Je dirais que si je fais rire, je ne le fais pas toujours exprès (goutte sur le front). En revanche, j’aime surprendre, ou provoquer des émotions.
Dans Vu !, la surprise naît du jeu de miroirs qui transforme les images et invite les enfants à participer à l'histoire. Comment l’avez-vous imaginé, et quelles réactions espérez-vous provoquer chez les tout-petits ?
Vu ! arrive après plusieurs albums avec des reflets et des jeux de miroir.
Le premier livre avec ces jeux de miroir était construit pour inviter l’enfant à être acteur du livre.
Une sorte de coucou caché où on pouvait se voir avec une couronne de prince/princesse ou, en fermant le livre à moitié, mettre la couronne à une grenouille.
Les brillances du livre sur les mains ou sur l’environnement proche captaient les tout-petits entre 0 et 3 mois.
La perception de son propre reflet dans le livre attrapait le bébé entre 3 et 9 mois ; un peu plus grand, il commençait à manipuler et faire passer les images d’un côté à l’autre du livre. Avec ce système et l’expérimentation, j’ai rapidement utilisé le miroir comme une troisième dimension et, à la manière du pop-up, je pouvais faire venir des éléments vers l’enfant sans que le livre ne soit fragilisé. Les tout-petits adorent les pop-up, mais c’est assez rare qu’on les laisse les manipuler seuls.
Pour répondre plus précisément à la question, j’espère qu’ils vont jouer avec ce livre et ainsi s’approprier l’objet à leur manière !
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