Le cinéma burlesque

 

Le burlesque, « genre cinématographique caractérisé par un comique extravagant, plus ou moins absurde, et fondé sur une succession rapide de gags » (Le petit Larousse), est une déclinaison du cinéma comique. Le mot viendrait de l’italien burla « plaisanterie » qui désignait un genre littéraire au XVIIe siècle reposant sur la parodie. Du célèbre « Arroseur arrosé » aux films déclinant le thème de la course poursuite dans les années 1895-1914, le cinéma français invente les séries construites autour d’un personnage (Boireau, Romeo, Rigadin, Max…) que l’on retrouve de film en film.

Si Mack Sennett, père fondateur du slapstick (littéralement « coup de bâton »), reconnaît volontiers l’influence de cette école comique française sur l’invention du genre, il puise aussi son inspiration et ses interprètes dans le vaudeville américain (spectacle rassemblant des numéros mêlant magiciens, acrobates, chanteurs…) et donne ses lettres de noblesse au genre. C’est lui qui découvre des talents tels que Harry Langdon, Mabel Normand, Ben Turpin ou Charlie Chaplin. A coté d’eux, trois autres figures majeures du genre : Buster Keaton, « poète et mécanicien du gag », Harold Lloyd élégant et romantique et le tandem Laurel et Hardy dont le comique repose sur l’opposition flegme / pesanteur.

Le burlesque à ses débuts fait rire grâce à un comique de l’absurde et de l’irrationnel né d’une accumulations d’événements extraordinaires sans véritable logique narrative : des chutes, des bagarres, des poursuites, des chocs... enchaînés souvent dans un rythme frénétique sur le ton de la provocation et de la caricature. Ce genre connaît son âge d’or lors de la période muette du cinéma (1910-1929), mais n’en continue pas moins à exister dans une forme plus construite et enrichi de gags jouant sur le son et le verbe à partir des années 30 et encore dans les décennies suivantes.

Les Marx Brothers, W.C. Fields, Jerry Lewis voire Mel Brooks pour les Etats-Unis, les Monty Python ou Mr Bean pour la Grande-Bretagne perpétuent le genre sur le mode de la parodie tandis qu’en France, Pierre Prévert, Robert Dhéry, Pierre Etaix et surtout Jacques Tati apportent leur poésie, leur sens de l’observation faisant évoluer le genre loin de sa violence originelle.

 

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