Regard(s) intrusif(s)

 

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« Vous avez l’homme immobile qui regarde au-dehors. C’est un premier morceau de film. Le deuxième morceau fait apparaître ce qu’il voit et le troisième montre sa réaction. Cela représente ce que nous connaissons comme la plus pure expression cinématographique ».


Dans un de ses célèbres entretiens avec François Truffaut, Alfred Hitchcock évoque ainsi le dispositif visuel et narratif au coeur de Fenêtre sur cour (1954) bâti sur une alternance de plans avec le personnage de James Stewart que nous voyons épier ses voisins, de plans subjectifs où le spectateur est mis en situation de voyeur à l’instar de Stewart et de réactions de ce dernier à ce qu’il voit. En effet, via les yeux de ce photographe immobilisé de manière temporaire dont l’utilisation de son téléobjectif lui permet de satisfaire son voyeurisme, les visions subjectives dirigées par le créateur Hitchcock, le point de vue du héros et celui du spectateur sont amenés à coïncider par un jeu brillant de regards qui produisent une mise en abîme du cinéma en montrant le film en train de se faire.
Six ans après ce chef-d’oeuvre du maître du suspense, Michael Powell fera une redoutable utilisation du plan subjectif dans Le voyeur (1960), autre illustration mémorable du penchant voyeuriste.
De plus, grand admirateur d’Hitchcock, Brian de Palma n’aura de cesse d’aborder au cours de sa carrière les pulsions humaines, dans des films comme Obsession (sa version de Vertigo réalisée en 1976) et Body double (1984), caractérisés par une esthétique manipulatrice où la multiplicité des regards, le découpage au cordeau avec notamment l’utilisation de l’écran partagé sont déployés pour susciter la fascination du spectateur pour l’action à l’écran.
L’histoire du cinéma abonde de regards intrusifs dans un environnement privé, citons Meurtre mystérieux à Manhattan (1993), enquête policière signée Woody Allen, The Truman Show (1998), comédie dramatique paranoïaque avec un étonnant Jim Carrey, Paranoïak (2007), relecture moderne de Fenêtre sur cour ou bien encore en France Dans la maison (2012), variation récente sur le thème du voyeurisme pour lequel nous vous proposons de (re)découvrir une sélection de films emblématiques à l’occasion des 60 ans de Fenêtre sur cour.

 

Le cinéma voyeur

Programme détaillé

Samedi 1er mars - 15h - Médiathèque d’Agglomération Jean Giono : Fenêtre sur cour d’Alfred Hitchcock, 1954, 1h52 (VF)

Dimanche 2 mars - 16h - Médiathèque centrale d’Agglomération Federico Fellini : The Truman Show de Peter Weir, 1998, 1h43 (VOSTF)

Dimanche 9 mars - 16h - Médiathèque centrale d’Agglomération Federico Fellini : Le voyeur de Michael Powell, 1960, 1h37 (VOSTF)

Samedi 15 mars - 15h - Médiathèque d’Agglomération Jean Giono : The Truman Show de Peter Weir, 1998, 1h43 (VF)

Samedi 29 mars - 15h - Médiathèque d’Agglomération Jean Giono : Dans la maison de François Ozon, 2012, 1h45